L’agenda 2018 des marchés : les faits suivants seront-ils les événements financiers majeurs de 2018 ?

6 min read 10 janv. 18

Sommaire: Il existe deux raisons pour lesquelles nous ne croyons pas que la Prévision d’événements à court terme constitue une approche d’investissement pérenne.

Premièrement, c’est là un art extrêmement difficile : comment peut-on avoir un « avantage » durable en matière de prévision au-delà de ce qui est actuellement intégré dans les cours des marchés à l’égard d’un événement comme, par exemple, un résultat électoral ? Deuxièmement, et c’est le plus important, même si vous prévoyez correctement des résultats, les marchés ne réagissent pas souvent comme vous pouvez vous y attendre (le Brexit et la victoire de Donald Trump en sont des exemples, même si beaucoup d’entre nous oublient aujourd’hui à quel point nous avons été surpris).

La réalité est que les évolutions des marchés sont rarement annoncées à l’avance. Qui plus est, les données fondamentales importantes – les chiffres d’inflation, les bénéfices des entreprises ou les nouvelles sur le front de la croissance – se produisent graduellement plutôt qu’à des dates prédéterminées.

Toutefois, ce sont les « événements » uniques et les récits linéaires qui attirent le plus le désir de situations simples des êtres humains. C’est en partie la raison pour laquelle l’équipe « Episode » est convaincue que des opportunités d’investissement épisodiques sont créées ; les investisseurs perdent de vue le véritable éventail des résultats possibles et des sources fondamentales de performance à long terme parce qu’ils sont distraits par une seule et même information. Lorsque cela se produit, une attitude patiente et réactive peut être payante.

Le calendrier ci-dessous représente une gamme de sources possibles de volatilité en 2018. Elément très important, elles ne doivent surtout pas être considérées comme des événements devant être « surmontés, mais bien comme des sources potentielles d’opportunités si elles sont à l’origine d’une volatilité excessive.

Janvier

Sixième série de négociations sur l’ALENA (23-28)

Les négociateurs s’étaient fixé comme objectif de terminer les négociations sur l’ALENA d’ici la fin de l’année 2017. Pour tous ceux qui ont connaissance du concept « d’erreur de planification » de Daniel Kahneman et d’Amos Tversky, le fait que la date limite n’a pas été respectée ne les surprendra pas et les négociations ont donc été prolongées jusqu’en 2018. L’issue des négociations pourrait avoir un impact significatif si elle marque le passage d’une économie ouverte à une politique plus protectionniste et pourrait, dans une perspective à plus court terme, également influer sur l’élection présidentielle au Mexique en juillet.

Entrée en vigueur de la réforme fiscale aux États-Unis

De nombreux aspects de la réforme fiscale américaine adoptée en décembre deviennent très rapidement  applicables et vont commencer à influencer immédiatement le comportement des ménages et des entreprises. L’évaluation des conséquences réelles sur l’économie prendra toutefois beaucoup plus de temps.

Février

Prise de fonction de Jerome Powell en tant que président de la Fed (5)

L’impact de la hausse des taux d’intérêt (si elle devait se produire) sur les prix des actifs en 2018 est l’une des principales sources de préoccupation de nombreux observateurs de marché à l’heure actuelle. La nomination de Jerome Powell a quelque peu constitué une surprise (il ne figurait même pas parmi les candidats dans cet article en septembre), mais il n’est pas vu comme la marque d’une profonde rupture avec la politique actuelle. En définitive, il semble probable que la nature de l’environnement économique sera plus importante que l’état d’esprit du président qui se trouve être en fonction.

Mars

Elections législatives en Italie (4)

Le référendum sur la réforme constitutionnelle en Italie semble aujourd’hui être un lointain souvenir et les réactions relativement favorables du marché à l’évolution de la situation politique en Europe en 2017 pourraient tendre à indiquer que les investisseurs sont désormais plus rassurés que dans le passé. Toutefois, si les marchés ont certes été calmes, il existe néanmoins encore des signes attestant que le mécontentement populaire à l’égard de l’Union européenne est une force importante ; le succès ou non du Mouvement 5 étoiles pourrait être interprété comme un baromètre du sentiment.

Election présidentielle en Russie (18, 1er tour)

Une victoire du Président sortant Vladimir Poutine a peu de chances d’influencer les marchés…

Plafond de la dette des États-Unis

Le presque traditionnel plafond de la dette de fin d’année aux États-Unis n’a eu que peu d’impact sur les marchés en 2017. Toutefois, les « mesures extraordinaires » mises en place en décembre devraient prendre fin en mars ou en avril et la nouvelle réforme fiscale pourrait bien focaliser à nouveau l’attention sur la situation budgétaire des États-Unis.

Rapport de travail du gouvernement chinois

Les décisions prises à l’occasion de la Conférence centrale sur le travail économique en décembre sont généralement rendues publiques en mars de l’année suivante. Le rapport fournit normalement une évaluation de la manière dont le Parti communiste considère l’état de santé actuel de l’économie, la tournure prise par les événements l’année passée et, élément important, les objectifs politiques pour l’avenir.

Avril

Fin du mandat de gouverneur de la Banque du Japon de Haruhiko Kuroda (8)

Nous avons déjà abordé la nature exceptionnelle de l’expérimentation monétaire entreprise au Japon depuis de nombreuses années. Le mandat de Kuroda devrait être renouvelé, mais il pourrait y avoir une certaine volatilité si tel n’était pas le cas.

Mai

Election présidentielle en Colombie (27, 1er tour)

Juan Manuel Santos, le Président sortant, n’est pas en mesure de se présenter après deux mandats consécutifs. Il y a plusieurs candidats et un large éventail de résultats possibles. Une certaine volatilité pourrait se manifester si les investisseurs commencent à s’inquiéter des conséquences pour l’accord de paix national et les réformes budgétaires en cours.

Juin

7ème séminaire international de l’OPEP (20-21)

En novembre, l’OPEP a accepté de prolonger les réductions de production jusqu’ à la fin de 2018. Le séminaire international qui se tiendra au milieu de l’année 2018 offrirait l’occasion de revoir cette décision par rapport aux développements économiques ultérieurs. Il existe un débat important sur la façon dont l’OPEP est à même d’influencer le prix du pétrole aujourd’hui, mais comme nous l’avons déjà précédemment fait observer, la pentification des courbes de la demande et de l’offre de matières premières signifie que de petits changements peuvent provoquer une considérable volatilité.

Une telle volatilité peut toujours être exacerbée par des influences comportementales, de même que les tensions croissantes en Iran et les élections législatives en Irak (12 mai) pourraient contribuer à stimuler ces forces.

Juillet

Election présidentielle au Mexique (1er)

Une victoire d’Andres Obrador au Mexique pourrait avoir pour conséquences des changements importants dans la politique. Andres Obrador a frôlé la victoire dans le passé et est perçu par beaucoup comme étant peu favorable aux marchés et aux échanges commerciaux.

Octobre

Finalisation de l’accord sur le Brexit avant sa ratification par le Parlement européen

L’UE vise à finaliser les conditions du Brexit dans un délai de 18 mois à compter du déclenchement de l’article 50, et ce, afin de permettre la ratification par les Parlements européen et britannique avant la date butoir du 29 mars 2019.  Se reporter à « l’erreur de planification » ci-dessus, l’article de Steven de l’an dernier et le blog de Christophe de 2016.

Election présidentielle au Brésil (7-28)

La volatilité liée à la situation politique brésilienne a créé des opportunités d’investissement l’année dernière. Comme dans d’autres pays d’Amérique du Sud en 2018, ce sont les conséquences des réformes structurelles qui sont souvent invoquées comme autant de raisons de craindre les élections.

Novembre

Elections législatives en Thaïlande

La Thaïlande est dirigée par une junte militaire depuis 2014 et les élections proposées ont été reportées à plusieurs reprises depuis lors. Le gouvernement militaire a annoncé que de nouvelles élections auront lieu en novembre, mais une date finale sera toutefois fixée en juin.

Quelles sont les conséquences pour les investisseurs ?

Comme l’on pouvait s’y attendre, l’agenda ci-dessus (la série d’événements que nous pouvons connaître à l’avance) est dominée par des élections et des décisions de politique monétaire. Toutefois, au final, les éléments fondamentaux qui comptent vraiment ne peuvent pas être inscrits dans un agenda.

Les perspectives pour l’année à venir nous en disent souvent plus sur ce qui nous préoccupe aujourd’hui que sur ce qui déterminera les prix des actifs à l’avenir. Les événements décrits ci-dessus pourraient certes avoir un impact à la fois sur les fondamentaux et sur la volatilité des marchés au cours des prochains mois. Pour autant, les investisseurs doivent s’attendre à ce que les véritables forces qui influeront sur les prix des actifs en 2018 se trouvent ailleurs et, dans bien des cas, au sein de sources dont il est fait peu ou pas du tout cas au jour d’aujourd’hui.

 

 

 

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