L’urgence climatique et le rôle positif que peuvent jouer les investisseurs

7 min de lecture 8 nov. 20

Le changement climatique représente un danger réel et immédiat pour le bien-être des personnes et de la planète. 

Les dix prochaines années seront critiques pour tenter d’orienter sa trajectoire. Il est essentiel que nous saisissions cette opportunité pour changer de cap.

Si nous faisons en sorte de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, nous pourrons, espérons-le, maîtriser la hausse des températures à l’échelle mondiale afin de limiter les effets néfastes sur les écosystèmes naturels et la santé humaine.

Pour y parvenir, nous devons non seulement modifier nos comportements mais aussi investir massivement – et de toute urgence – dans la transition vers une économie bas carbone. 

Je considère que les entreprises capables de proposer des solutions au plus grand défi planétaire peuvent constituer d’excellentes opportunités pour les investisseurs à long terme. En retour, les investisseurs peuvent jouer un rôle dans la lutte contre l’urgence climatique.

Que nous apprend la science?

En 2020, la pandémie de Covid-19 a paralysé la majeure partie des sociétés à travers le monde. Pendant ce temps, les effets dramatiques du changement climatique se sont poursuivis sans relâche, menaçant à leur tour les habitats naturels, les populations et l’économie.

Tandis que d’énormes incendies ont fait rage le long de la côte ouest des États-Unis et jusqu’au cercle arctique en Sibérie, la saison des ouragans a été si violente dans l’Atlantique que les noms de tempêtes ont eu le remps de parcourir tout l’alphabet dès le début du mois de septembre. La période de cinq ans allant de 2016 à 2020 devrait être la plus chaude jamais enregistrée.

Malgré le ralentissement économique de 2020, les concentrations de gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère atteignent des niveaux record et continuent d’augmenter1. Ces émissions dues à l’activité humaine sont le moteur du changement climatique. Sans des mesures concrètes pour les réduire, les Nations Unies estiment que la température moyenne à la surface du globe dépassera de 3°C les niveaux préindustriels d’ici la fin du XXIème siècle2.

L’accord de Paris sur le changement climatique signé en 2015 engage les pays signataires à maintenir la hausse des températures bien en dessous de 2°C et à poursuivre leurs efforts pour la limiter à 1,5°C – un niveau auquel les risques et les impacts du changement climatique sont beaucoup plus faibles. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), une hausse des températures de 2°C accentuerait les conditions météorologiques extrêmes, l’élévation du niveau de la mer, la fonte de la calotte glaciaire arctique, le blanchiment corallien et la perte d’écosystèmes.

L’heure est à l’ambition – et à l’action

Les mesures de transformation ne peuvent plus être différées. L’ONU a estimé3 en 2019 que les émissions mondiales devaient diminuer de 7 % par an en moyenne entre 2020 et 2030 pour atteindre l’objectif de 1,5°C. D’ici 2050, nous devons atteindre la neutralité des émissions de gaz à effet de serre dans le monde entier.

Pour relever ce défi, il est nécessaire de réduire considérablement les émissions dans tous les secteurs de l’économie. C’est en examinant les principales sources de gaz à effet de serre que l’on peut identifier les solutions capables d’avoir le plus d’impact.

Nous pouvons peser sur un certain nombre d’éléments de l’équation climatique (réduire le gaspillage de nourriture et prendre moins souvent l’avion par exemple) grâce à certaines décisions de notre vie quotidienne. Mais les choix liés à notre mode de vie ne peuvent réduire les émissions que dans une certaine mesure. 

Pour modifier le cours du changement climatique, nous devons découvrir et utiliser des sources d’énergie alternatives et des moyens plus efficaces de produire des biens et des services. Cela nécessitera d’énormes investissements. L’Agence internationale de l’énergie estime qu’environ 1 300 milliards de dollars4 par an doivent être investis afin d’atteindre l’Objectif de Développement Durable n°7 des Nations Unies – Garantir l’accès à des sources d’énergie abordables et propres pour tous – d’ici 2030.

Investir dans les solutions

L’urgence du défi étant de plus en plus admise, nous pensons qu’il existe des opportunités intéressantes à long terme pour les entreprises capables d’accélérer activement la transition vers une économie bas carbone.

J’entrevois trois domaines clés dans lesquels les entreprises peuvent avoir un impact positif dans la lutte contre le changement climatique. Le premier concerne les activités ou les innovations qui réduisent directement les émissions de gaz à effet de serre. 

Les énergies alternatives constituent un secteur d’investissement prioritaire. Remplacer les combustibles fossiles à forte intensité de carbone par de l’électricité verte, produite grâce au vent et au soleil, serait la principale contribution aux objectifs climatiques mondiaux. Des candidats moins évidents à l’investissement sont peut-être les composants et les systèmes capables d’améliorer l’efficacité énergétique et de réduire ainsi les émissions.

Le deuxième groupe d’entreprises à fort impact englobe les entreprises dont les solutions rendent l’industrie et les transports – qui représentent 35 % des émissions combinées – moins polluants. Il peut s’agir d’entreprises dont les technologies sous-tendent l’avenir de la mobilité ou du stockage de l’énergie.

Troisièmement, les entreprises qui contribuent à une économie plus circulaire – en concevant des déchets, en conservant les matériaux en usage le plus longtemps possible et en régénérant les systèmes naturels – peuvent également jouer un rôle majeur dans la transition vers une économie peu génératrice de carbone et efficace sur le plan des ressources.

Faire face à l’urgence climatique

Les risques de l’inaction face au changement climatique sont bien réels et se multiplient. Le coût des événements météorologiques extrêmes augmente : trois des ouragans les plus coûteux jamais enregistrés dans l’Atlantique se sont produits depuis 2017.

Il est impératif de comprendre non seulement comment les investissements sont exposés aux risques liés au changement climatique, mais aussi comment ils peuvent saisir les opportunités qui en découlent. Si les entreprises n’agissent pas, elles passeront à côté des opportunités qui vont de pair avec le fait de relever ce défi. 

Il n’est pas nécessaire de choisir entre les bénéfices et la planète. Lorsque les entreprises peuvent fournir des solutions capables d’atténuer le changement climatique, leurs actionnaires peuvent aspirer à obtenir des performances financières durables et à contribuer à un impact clairement positif pour la planète et ses habitants. 

Les opinions exprimées dans le présent document ne sauraient en aucun cas constituer des recommandations, des conseils ou des prévisions.

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1 https://www.unenvironment.org/news-and-stories/press-release/united-science-report-climate-change-has-not-stopped-covid19
2 https://www.un.org/sustainabledevelopment/climate-action/
https://www.unenvironment.org/news-and-stories/press-release/united-science-report-climate-change-has-not-stopped-covid19
https://sustainabledevelopment.un.org/content/documents/24090pb3_cover.pdf

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