Quels progrès accomplis depuis la COP26 ?

3 min de lecture 31 oct. 22

En novembre 2021, la 26ème conférence annuelle des Nations Unies sur le climat (COP26) a réuni des dirigeants du monde entier afin de se pencher sur le changement climatique et d’accélérer les efforts en vue de l’atteinte des objectifs de l’accord de Paris. À l’aube de la prochaine COP27 qui se tiendra en novembre en Égypte, nous revenons sur les progrès accomplis et les nouveaux problèmes qui ont surgi au cours de l’année écoulée.

La géopolitique a pris le pas, mais la catastrophe climatique frappe toujours à la porte

La COP26 avait eu pour effet positif majeur d’attirer l’attention de tous sur l’enjeu climatique et la nécessité de réduire d’urgence les émissions. Mais, c’est la géopolitique qui a depuis pris le pas. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a provoqué une crise humanitaire et entraîné des bouleversements dans le système énergétique mondial sous l’effet de l’interruption des approvisionnements en gaz russe et de la flambée des coûts de l’énergie.

Les gouvernements se sont alors retrouvés devoir faire face à une multitude de nouveaux problèmes. Pour autant, l’urgence de l’enjeu climatique subsiste. En avril, le GIEC a précisé que les objectifs de l’accord de Paris ne seraient pas atteints sans une « réduction immédiate et radicale des émissions »1. Cette année, les sécheresses, les inondations et d’autres phénomènes météorologiques extrêmes ont tiré la sonnette d’alarme sur les risques liés à l’inaction.

La volte-face sur le front des combustibles fossiles

Les pays ne voulant ou ne pouvant pas dépendre du gaz russe se sont tournés vers d’autres sources de façon à satisfaire leurs besoins énergétiques. Mais, les énergies renouvelables sont encore incapables à elles seules de fournir la charge de base ou répondre aux pics naturels de la demande. En conséquence, certains pays ont été amenés à revoir leurs politiques en matière d’énergie nucléaire, tandis que beaucoup en sont revenus à d’autres combustibles fossiles de manière à combler le déficit à court terme.

De nombreux pays se sont engagés à abandonner progressivement ou à réduire l’utilisation du charbon lors de la COP26. Pour autant, la demande de charbon devrait atteindre un niveau record en 2022. En Chine, la production de charbon a augmenté de 11 % au cours du premier semestre 20222 et le gouvernement a approuvé des projets de nouvelles centrales électriques à charbon pour une capacité totale de plus de 8 gigawatts au cours du seul premier trimestre3. Les fermetures de centrales à charbon au Royaume-Uni et aux États-Unis ont été différées, tandis que l’Allemagne a quant à elle remis en service des centrales à charbon afin d’éviter des pannes d’électricité. Des situations similaires ont fleuri dans le monde entier.

Cela va sans aucun doute avoir pour effet d’accroître les émissions à court terme, mais les conséquences sociales de l’inaction seraient elles aussi désastreuses. Si l’énergie devient trop chère ou trop rare, des entreprises fermeront leurs portes, des femmes et des hommes perdront leur emploi et des foyers ne pourront tout simplement plus se chauffer.

De nouveaux investissements dans les énergies propres

La guerre en Ukraine a mis en lumière le danger de dépendre de régimes extérieurs pour ses besoins énergétiques. Il est devenu évident que décarbonation et sécurité énergétique vont de pair, et que les énergies propres vont jouer un rôle majeur dans les efforts déployés par de nombreux pays en vue de sécuriser leurs approvisionnements énergétiques et réduire leurs coûts.

Il est encourageant de constater que cette situation a favorisé de nouveaux investissements dans les énergies propres. Selon BloombergNEF, les investissements dans les énergies renouvelables ont ainsi atteint le niveau record de 226 milliards de dollars sur les six premiers mois de 2022 à l’échelle mondiale4.

En outre, plusieurs gouvernements ont fait part de nouveaux engagements ambitieux dans ce domaine. L’Union européenne a avancé ses objectifs de décarbonation et annoncé un déploiement accéléré des énergies renouvelables dans le cadre du plan RepowerEU. Aux États-Unis, la loi sur la réduction de l’inflation (Inflation Reduction Act) prévoit des milliards de dollars d’investissements en faveur de la production nationale d’énergie renouvelable, des solutions de décarbonation et de l’amélioration de l’efficacité énergétique.

Les entreprises passent à l’action

Il a également été encourageant de voir des entreprises prendre des initiatives positives contre le changement climatique. Depuis novembre 2021, plus de 1 500 entreprises se sont engagées à atteindre des objectifs fondés sur la science (SBT), portant ainsi leur nombre total à plus de 3 500. Les SBT sont des objectifs de réduction des gaz à effet de serre considérés comme conformes aux objectifs de l’accord de Paris (visant à maintenir l’augmentation de la température en dessous de 1,5°C par rapport aux températures préindustrielles).

Adopter une perspective à long terme

Il est important de noter que la lutte contre le changement climatique est une entreprise de longue haleine. Elle requiert des efforts dans toutes les régions du monde et dans tous les secteurs, et ne sera pas résolue du jour au lendemain. L’année 2022 a sans aucun doute contrarié les progrès à court terme, de même qu’elle a créé de nouveaux défis à relever parallèlement à la lutte contre le dérèglement climatique. Toutefois, nous pensons que tant les entreprises que les États témoignent d’une sensibilisation croissante à la réduction des émissions et à l’objectif « zéro émission nette ». Et cette dynamique ne peut qu’être renforcée par les avantages offerts par les énergies propres en matière d’amélioration de la sécurité énergétique et de réduction des coûts.

En tant qu’investisseurs, nous nous attendons à voir la lutte contre le changement climatique demeurer une priorité au cours des décennies à venir. En tant qu’investisseurs à long terme, cela signifie que nous allons continuer de prendre en considération les risques et les opportunités propres au changement climatique, dont notamment les mesures prises par chaque entreprise, dans le cadre de l’analyse des positions éventuelles ou existantes.

Investir pour un avenir meilleur

Chez M&G, nous sommes convaincus que le secteur de la gestion d’actifs se doit d’évoluer. Plutôt que de privilégier le court-termisme et les gains rapides, nous sommes convaincus qu’investir exige une réflexion prospective, une vision à long terme et un engagement actif auprès des entreprises en vue de les aider à s’adapter et avoir un impact plus significatif et durable sur notre monde. 

Lorsqu’il s’agit des problèmes les plus urgents du monde, il n’existe pas de solution miracle. En investissant selon une approche durable, pragmatique et mesurée, nous pouvons œuvrer à un avenir meilleur pour tous en cherchant à offrir des résultats positifs à la fois pour les investisseurs et pour la planète.Z 

1 Communiqué de presse du GIEC, 4 avril 2022.
2 Sources : https://www.reuters.com/world/china/china-no-closer-peak-coal-despite-record-renewable-capacity-additions-2022-08-22/
3 https://www.greenpeace.org/eastasia/press/7488/plans-for-new-coal-plants-in-china-rebound-with-8-63-gw-approved-in-the-first-quarter-of-2022/
4 Renewable Energy Investment Tracker, 2ème semestre 2022, BloombergNEF.

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