Investir dans les infrastructures face à une inflation galopante

3 min de lecture 27 juil. 22

La valeur des investissements peut fluctuer et ainsi faire baisser ou augmenter la valeur des actifs. Les investisseurs peuvent donc ne pas récupérer leur placement d’origine. Les opinions exprimées dans le présent document ne sauraient en aucun cas constituer des recommandations, des conseils ou des prévisions.

Beaucoup de choses peuvent se passer en un an. Si, à l'été 2021, la hausse des prix à la consommation était considérée comme un phénomène temporaire et peu inquiétant, cette année, difficile d'ignorer l’impact de la hausse du coût de la vie. L’envolée de l'inflation a également pénalisé les marchés actions et les investisseurs sont désormais en quête d'actifs susceptibles de mieux résister que d'autres à l'effet corrosif de la hausse généralisée des prix.

Remise en contexte

Historiquement, investir dans les infrastructures a souvent permis de se protéger de l'inflation. Par exemple, les données à long terme du 31 décembre 2002 au 31 mars 2021 analysées par S&P Dow Jones Indices dans un rapport publié l'année dernière[1] montrent que l'indice Dow Jones Brookfield Global Infrastructure et l'indice S&P Global Infrastructure ont surperformé l'indice S&P Global Broad Market de 3,1 % et 2,4 % (perf. moyenne annuelle) respectivement, pendant les mois marqués par une forte inflation. Lors des mois où l'inflation était faible, l'indice Dow Jones Brookfield Global Infrastructure a légèrement surperformé l'indice S&P Global Broad Market, tandis que l'indice S&P Global Infrastructure l’a sous-performé. 

Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures.

Source : Bloomberg, au 31 décembre 2021. Nouvelle base 100 : janvier 2000.

Une couverture contre l'inflation ?

Si l’on considère souvent les infrastructures comme une couverture contre l'inflation, c’est que bon nombre des flux de revenus provenant de ces actifs sont indexés sur l'inflation. Les contrats peuvent stipuler que des paiements réguliers, des redevances par exemple, doivent être liés à un certain indicateur de l'inflation ou alors c’est la loi qui impose des paiements indexés sur la hausse des prix, comme dans le cas des routes à péage dans certains pays.

Naturellement, la hausse de l'inflation est également source de remontée des taux d'intérêt, laquelle est susceptible d'affecter les actifs d'infrastructure en raison de l'augmentation du taux d’actualisation de leurs flux de trésorerie. Toutefois, cette problématique ne se limite pas aux actifs d'infrastructure puisqu’elle pèse sur les valorisations de pratiquement toutes les entreprises.

Illustrons ce point précis. Certains investisseurs estiment que les services aux collectivités, qui sont un sous-segment important des infrastructures, sont très sensibles aux variations des taux d'intérêt en raison de leur profil obligataire (ils procurent en effet des paiements en espèces réguliers similaires aux paiements des taux d'intérêt des obligations). Néanmoins, ces 20 dernières années (qui couvrent différents environnements de taux d'intérêt), le secteur des services aux collectivités a surperformé l’ensemble du marché actions (cf. Graphique 1).

Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures.

Source : Global Listed Infrastructure Organisation (GLIO), au 31 décembre 2020, données disponibles les plus récentes. L'indice GLIO est un indice pondéré par le flottant qui réplique la performance des entreprises d'infrastructure les plus importantes et les plus liquides au monde. 

Deux explications à cela : l'accumulation des dividendes généreux versés par les acteurs du secteur, mais aussi le rôle central joué par les services aux collectivités dans le cadre de la transition vers les énergies renouvelables.

Il faut également garder à l'esprit que les taux d'intérêt réels (corrigés de l'inflation) sont encore largement en territoire négatif. Selon certains observateurs du marché, les banques centrales voudront maintenir des taux d'intérêt réels négatifs aussi longtemps que possible car cela permet de réduire le poids de la dette, tant pour le secteur public que pour le secteur privé.

Une volatilité en hausse

Autre problème qui inquiète actuellement les investisseurs, la volatilité. L'indice de volatilité (le VIX), aussi connu sous le nom d’« indice de la peur », a atteint un sommet annuel de 36,45 le 7 mars et, malgré sa baisse récente, il oscillait encore autour de 34 à la mi-juin, contre 17 fin décembre 2021 et environ 17 il y a un an.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie, au-delà de l'immense tragédie humaine qu'elle provoque, est le principal facteur à l'origine de l’envolée de la volatilité sur les marchés financiers. Le risque d'une dépendance excessive à l'égard du gaz russe a été largement évoquée, non seulement parce qu'il s'agit d'une matière première à forte coloration politique et contrôlée par un régime imprévisible, mais aussi parce qu’elle est transportée par des réseaux de gazoducs situés en Europe orientale. 

Si la volatilité des infrastructures cotées pourrait être plus faible, c’est en raison de la prévisibilité plus élevée des bénéfices des entreprises composant cette classe d'actifs, qui découle de flux de trésorerie réguliers. Cette caractéristique permet de valoriser plus précisément les entreprises, même en cas d'incertitude.

En comparant l'évolution (post-Covid) des bénéfices avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (EBITDA), qui est un indicateur de la performance financière globale d'une entreprise, de l'indice Global Listed Infrastructure Organisation (GLIO) et des actions mondiales, on constate que les bénéfices des entreprises d’infrastructures ont mieux résisté au cours des deux décennies précédant la pandémie de COVID-19 que ceux des sociétés mondiales dans leur ensemble (cf. Graphique 2).

La phase de reprise post-COVID-19 nécessitera très probablement des investissements massifs dans la classe d'actifs, et ce au niveau mondial. En fait, les États du monde entier ont déjà annoncé divers plans d'investissement dans les infrastructures pour soutenir l'économie mondiale dans le sillage de la pandémie. Aux États-Unis, un programme de 1 200 milliards de dollars a vocation à réparer, moderniser et développer des infrastructures obsolètes. L'Union européenne a adopté un programme « vert » et cherche à promouvoir les énergies renouvelables et les transports propres.

Outre les énergies renouvelables, les infrastructures cotées figureront parmi les grands bénéficiaires d'autres tendances structurelles à long terme, comme la connectivité numérique et la démographie. Il s’agit-là de thèmes porteurs qui devraient perdurer pendant plusieurs décennies. Dans cet environnement, nous sommes extrêmement optimistes quant aux opportunités à long terme offertes par les infrastructures cotées.

Investir pour un avenir meilleur

Selon M&G, le secteur de la gestion se doit d’évoluer. Plutôt que de privilégier le court terme et les gains rapides, nous pensons qu’investir exige de mener des réflexions pertinentes, d’avoir une vision à long terme et d’adopter une approche active pour identifier des opportunités d'investissement. En investissant de manière durable, pragmatique et raisonnable, nous pouvons œuvrer à un avenir meilleur pour tous, en générant des performances positives à la fois pour les investisseurs et pour la planète.

Pour en savoir plus

La valeur des investissements peut fluctuer et ainsi faire baisser ou augmenter la valeur liquidative des fonds. Vous pouvez donc ne pas récupérer votre placement d'origine.

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