5 min de lecture 16 avr. 26
Pour les investisseurs du secteur de l’assurance, ces conditions imposent un équilibre délicat : investir les primes perçues de manière à générer des performances durables et à préserver le capital tout en respectant les contraintes réglementaires, de liquidité et comptables. Les classes d’actifs traditionnelles n’autorisent qu’une marge d’erreur limitée, ce qui aggrave les conséquences des décisions contestables en matière d’allocation.
Dans ce contexte, les investisseurs sont plus susceptibles de générer de la valeur dans où les facteurs structurels, réglementaires et techniques continuent de jouer en faveur des investisseurs. Nous estimons que trois classes d'actifs demeurent particulièrement attractives pour les assureurs en 2026.
Les titres adossés à des actifs (ABS) simples, transparents et standardisés (STS) ont continué de séduire les assureurs britanniques et européens, grâce à des spreads relatifs attractifs et un cadre réglementaire favorable.
La fin des programmes d’assouplissement quantitatif (QE) a rendu les spreads des ABS attractifs par rapport à leurs niveaux historiques et par rapport à ceux des obligations d’entreprises de notation similaire. Le marché étant de plus en plus influencé par les investisseurs institutionnels, les spreads des opérations STS sont souvent plus élevés que ceux des obligations d'entreprises de notation équivalente, malgré de solides performances historiques et un faible risque de défaut.
Les ABS STS bénéficient également d’un traitement particulièrement favorable au titre de Solvabilité II, et les charges de fonds propres devraient encore diminuer à partir de janvier 2027 suite à la révision de Solvabilité II. Cela renforce un profil de rentabilité des capitaux déjà attractif pour les assureurs ayant recours à la formule standard de calcul.
Les spreads de crédit mondiaux sont restés obstinément resserrés malgré les tensions géopolitiques et la dégradation progressive des fondamentaux. Cette situation limite le potentiel de hausse et accentue le risque de baisse asymétrique dans le cadre d’une approche classique d’achat et de conservation des portefeuilles de crédit.
Plutôt que de s'appuyer sur des stratégies de protection du crédit coûteuses et complexes, une approche de rendement total flexible permet une gestion active de la qualité du crédit et de la duration des spreads. Réduire l’exposition lorsque les valorisations sont élevées, et augmenter le risque lorsque les spreads s'élargissent peut améliorer sensiblement les performances ajustées du risque.
Pour les assureurs contraints par la gouvernance et les structures opérationnelles, l’externalisation d’une telle flexibilité peut permettre de saisir des opportunités de marché difficiles à exploiter en interne.
Le crédit privé demeure un investissement stratégique pour les assureurs compte tenu de son adéquation aux engagements et de son potentiel de génération de revenus, même si le resserrement des spreads sur certains segments exige désormais une plus grande sélectivité.
Les « niches » du marché, telles que les prêts directs non sponsorisés et les prêts directs seniors sur le segment inférieur à intermédiaire, offrent généralement un effet de levier plus faible, des garanties plus solides et une protection plus personnalisée des clauses restrictives, tout en évitant les processus unitranche concurrentiels des moyennes et grandes capitalisations qui compriment les spreads. Les prêts directs seniors permettent également aux assureurs de se positionner au sommet de la structure du capital tout en percevant une prime par rapport aux prêts garantis seniors traditionnels, mais avec un profil de risque plus équilibré que celui des prêts directs unitranche classiques. Le retrait des banques et l'augmentation des besoins de refinancement ont amélioré les conditions des prêteurs, ce qui, selon nous, représente une opportunité particulièrement intéressante en 2026.
Les marchés mondiaux du crédit privé devraient poursuivre kleur expansion rapide récente, l'Europe affichant une croissance plus soutenue que les États-Unis. Ce phénomène s'explique par le repli actuel des banques et le stade de développement relativement moins avancé de l'Europe en matière d'adoption d'un environnement de prêt davantage axé sur les marchés financiers. Cependant, moins concurrentiel, le marché européen a permis aux investisseurs des performances ajustées du risque supérieures. Le crédit privé en Europe offre des spreads plus avantageux ainsi qu’une meilleure couverture des intérêts, des taux de défaut plus faibles, des protections renforcées et des clauses restrictives plus strictes1.
Les décisions d’allocation d’actifs des assureurs sont étroitement liées aux caractéristiques de leurs engagements. Bien que les assureurs vie et IARD opèrent dans le même cadre Solvabilité II, leurs profils d'engagement diffèrent, ce qui influence les priorités en matière de construction de portefeuille.
Les assureurs-vie sont principalement exposés à des engagements à long terme et à flux de trésorerie prévisibles, s'étendant souvent sur 10 à 30 ans, voire plus. Pour ces bilans, l'objectif n'est pas de maximiser le rendement nominal, mais de sécuriser les flux de trésorerie contractuels qui correspondent à la duration des engagements, réduisent le risque de réinvestissement et optimisent l'efficience du capital.
Parmi les actifs particulièrement bien adaptés, on peut citer:
En réduisant les écarts de duration et les décalages de flux de trésorerie, ces actifs contribuent à une plus grande stabilité des fonds propres et à une moindre volatilité du bilan tout au long du cycle.
Les engagements IARD sont généralement à plus court terme et moins prévisibles, ce qui valorise la liquidité, la flexibilité du capital et la capacité à honorer les sinistres.
Par conséquent, les portefeuilles IARD ont tendance à privilégier:
Pour les assureurs IARD, l’objectif dominant est souvent de maximiser le rendement par unité de capital de solvabilité (SCR) plutôt que de viser le maximum le rendement absolu.
Dans un environnement limité en termes de capitaux, la rentabilité des capitaux est un indicateur pertinent pour les assureurs. Une approche courante consiste à évaluer les revenus par rapport par rapport aux charges de capital de Solvabilité II, ce qui permet de comparer les différentes classes d'actifs sur la base des fonds propres réglementaires plutôt que sur le seul rendement nominal.
1 Source : Couverture des intérêts : Pitchbook, ratios de couverture des taux d’intérêt des LBO, moyenne sur 10 ans à fin septembre 2025. Taux de défaut : Taux de défaut des LCD ELLI et US LLI à 10 ans par émetteur à fin septembre 2025. Performance : Europe, indice CS WELLI, États-Unis, indice CS US LL, performances totales annualisées sur 10 ans, couvertes en EUR à fin septembre 2025.
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